En plein air, l’espace est circonscrit par le public en gradin. Le plateau est vide. Au fond, un castelet de bambous avec des ailes ou paravents d’une envergure de 8 à 10 mètres. L’ensemble est habillé d’une grande toile peinte selon le procédé du Bogoda, peinture introduisant des fibres et des matériaux naturels confectionnée par notre ami plasticien Siriman Dembelé*
C’est l’horizon des origines sur lequel s’accroche le paysage de la situation, toiles peintes d’environ 2 mètres sur 2.
Ces toiles changent selon les scènes, elles deviennent tour à tour : village, bâtiment colonial, bar, brousse, bureau, forêt ou magasin. Indications presque anecdotiques, elles sont peintes par Siriman Dembelé et Ousmane Traoré, deux artistes maliens dans des styles naïfs ou publicitaires voire bandes dessinées.
Les marionnettes, masques et objets sont fabriqués et sculptés par Amadou Sinayogo et Broulaye Camara. Ils inventent des personnages et des objets inspirés par leur art et croiseront des techniques traditionnelles et modernes.
La scénographie s’inspire des affiches et archives de l’époque coloniale. Les costumes sont confectionnés par Amadou Koné dit Amako et son père sur le modèle des coupes de l’époque.
Le travail sur l’éclairage, entre lumière et ombre, se fait en proximité par système de basse tension et l’éclairage large du plateau par système de projecteur de théâtre. Les scènes de rituel, pour le plein air, se font à la flamme vive.
« Fils et héritier du langage de la Terre, comme nos ancêtres, je perpétue l’utilisation de pigments naturels minéraux et végétaux appliqués sur des support artisanaux et bruts (BOGODA).
Gardien du secret de la fusion des éléments, je tente d’apprivoiser le feu, symbole de la force créatrice qui m’a livré la cendre.
Les eaux nourricières m’ont offert l’humide et généreuse argile, matière vivante et fertile, puisée dans les veines de la matrice dougoukolo, terre mère.
Mais avide de puissance et de domination, nous oublions que nous faisons partie d’un vaste univers vivant que l’on doit protéger. Soyons à l’écoute, tout parle, tout est parole, tout cherche à nous communiquer une connaissance… Apres des années de recherche, la matière était près de moi, elle n’attendait que mon éveil.
C’est à travers la spiritualité et tourné vers la foi du tout puissant que mes œuvres jaillissent afin de faire partager le message de paix évoquant la tolérance et la fraternité universelle qui sont les seuls chemins du bonheur pour l’humanité. »
* Siriman DEMBELE dit Contemporain Artiste-Peintre-Illustrateur-Plasticien




Vers midi, Ramata la femme de Broulaye, nous porte le repas.On la voit arriver de loin, la marmite posée sur la tête, son enfant dans le dos, le petit Bâ.On se régale de son riz sauce, viande et poisson, manioc et mill. Tout les aprés-midi, des curieux, des familles viennent s'installer et nous regardent répéter.Vers 17h les enfants sortant de l'école se rajoutent et nous avons en fin d'aprés-midi une petit foule agitée et jacassante, un public tout prêt à rigoler et à applaudir.Il faut parfois les calmer...on ne s'entend plus répéter!!!!!!!!