Mardi 21 février 2006 2 21 /02 /Fév /2006 14:50

En plein air, l’espace est circonscrit par le public en gradin. Le plateau est vide. Au fond, un castelet de bambous avec des ailes ou paravents d’une envergure de 8 à 10 mètres. L’ensemble est habillé d’une grande toile peinte selon le procédé du Bogoda, peinture introduisant des fibres et des matériaux naturels confectionnée par notre ami plasticien Siriman Dembelé*

C’est l’horizon des origines sur lequel s’accroche le paysage de la situation, toiles peintes d’environ 2 mètres sur 2.

Ces toiles changent selon les scènes, elles deviennent tour à tour : village, bâtiment colonial, bar, brousse, bureau, forêt ou magasin. Indications presque anecdotiques, elles sont peintes par Siriman Dembelé et Ousmane Traoré, deux artistes maliens dans des styles naïfs ou publicitaires voire bandes dessinées.

Les marionnettes, masques et objets sont fabriqués et sculptés par Amadou Sinayogo et Broulaye Camara. Ils inventent des personnages et des objets inspirés par leur art et croiseront des techniques traditionnelles et modernes.

La scénographie s’inspire des affiches et archives de l’époque coloniale. Les costumes sont confectionnés par Amadou Koné dit Amako et son père sur le modèle des coupes de l’époque.

Le travail sur l’éclairage, entre lumière et ombre, se fait en proximité par système de basse tension et l’éclairage large du plateau par système de projecteur de théâtre. Les scènes de rituel, pour le plein air, se font à la flamme vive.

 « Fils et héritier du langage de la Terre, comme nos ancêtres, je perpétue l’utilisation de pigments naturels minéraux et végétaux appliqués sur des support artisanaux et bruts (BOGODA).

Gardien du secret de la fusion des éléments, je tente d’apprivoiser le feu, symbole de la force créatrice qui m’a livré la cendre.

Les eaux nourricières m’ont offert l’humide et généreuse argile, matière vivante et fertile, puisée dans les veines de la matrice dougoukolo, terre mère. Mais avide de puissance et de domination, nous oublions que nous faisons partie d’un vaste univers vivant que l’on doit protéger.   Soyons à l’écoute, tout parle, tout est parole, tout cherche à nous communiquer une connaissance… Apres des années de recherche, la matière était près de moi, elle n’attendait que mon éveil.

C’est à travers la spiritualité et tourné vers la foi du tout puissant que mes œuvres jaillissent afin de faire partager le message de paix évoquant la tolérance et la fraternité universelle qui sont les seuls chemins du bonheur pour l’humanité. »

 * Siriman DEMBELE dit Contemporain

Artiste-Peintre-Illustrateur-Plasticien

 

 

 

 

 

 

Par l'oboubambulle - Publié dans : wangrin
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Mardi 21 février 2006 2 21 /02 /Fév /2006 14:36

"L'étrange destin de Wangrin" de Amadou Hampâté Bâ

Adaptation théâtrale : Françoise Ligier

Co-mise en scène : Adama traoré et Patrick Janvier

 

Dans les années 1900 - 1930, dans un pays de l'empire colonial français, un joueur gravit les échelons du pouvoir en utilisant les failles d'un système administratif d'ambition "civilisatrice".

Grâce à ses connaissances de la culture dont il est issu et de celle des blancs, il charmera, trompera, volera en toute bonne conscience, pour son bien être, celui de ses proches et des plus pauvres.

Il poursuivra son ascension sociale personnelle jusqu'à que la fatuité l'aveugle et qu'il tombe, comme tombent tout ceux qui, possédés par l'Avoir, en oublie les valeurs primordiales de l'Etre.

 

Distributions:

Assistante mise en scène : Lila Janvier

Masques et Marionnettes: Broulaye Camara, Amadou Sinayogo

Avec Kader Touré, Fatoumata Traoré, Lamissa Traoré, Lamine Coulibaly, Ambaga Guindo, Elie Lorier, Olivier Leuckx, Frederique Camaret, Pascal Gautier, Sylvestre Mignot.

Techniques son et lumière: Romain Voisinne, Tacouba Magassouba

Décors et peintures: Siriman Dembélé, Ousmane Traoré, Mamoutou Touré

Costumes: Amadou Koné dit Amako

Mobilier: Solo Coulibaly

Teinture costumes des masques: fati Guindo

Administration: Abdoul Berthé, Marlène Llop

 

  Au cours du récit, jeu de masques, marionnettes habitables, à tiges ou fils, d’ombres, théâtre d’objets alternent avec le jeu des acteurs qui incarnent les personnages de l’histoire, le temps d’une scène … comme une respiration, une tranche de vie. Avec une distribution de dix comédiens, manipulateurs, musiciens sur le plateau, l’histoire est transmise au public dans le plus grand respect du travail de l’auteur original et de l’auteur de l’adaptation. 

Vu aux regards de deux metteurs en scène : noir, blanc, nous faisons  le récit d’un homme qui a su tirer partie d’une époque, d’une situation politique particulière.

Les changements se font à vue par les comédiens qui jouent plusieurs rôles. Ils manipulent les marionnettes, changent les décors devenant tour à tour tel ou tel personnage : le monde tourne autour de Wangrin qui orchestre les situations.

La mise en scène est vive, les tableaux se succèdent dans un rythme rapide évoquant la lecture d’une bande dessinée avec des instants de vie en « temps réel » et des zooms sur les rites magiques où l’on redonne alors au temps son éternité.

En plein air, Les comédiens jouent au sol. Le public est alors observateur et témoin de l’histoire, installé sur les gradins qui domine la scène. L’espace scénique est circulaire,  la terre est ronde et c’est la forme traditionnelle du conteur en Afrique.

En fond un castelet permet de créer des lieux comme le bureau du commandant ou le magasin de Wangrin, de suspendre des toiles peintes pour évoquer tel ou tel autre lieu. Le plateau de 8 mètres de diamètre permet la proximité du public : une intimité.

Pour la reprise en salle, où la mise en scène devient frontale, le castelet est conservé.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Par l'oboubambulle - Publié dans : wangrin
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Jeudi 16 février 2006 4 16 /02 /Fév /2006 15:44

Le temps avance,avec ses échéances et le spectacle court avec lui. Dernière ligne droite avant la première. Les comédiens explorent, révèlent, dosent, fixent les repères des personnages et leurs motivations.

Etrangement, les enjeux des situations s'éclaircissent losque que l'on joue avec les contradictions des personnages.

"Ce ne sont pas les grands hommes qui font l'Histoire mais l'Histoire qui fait les grands hommes".

Wangrin est-il un opportuniste génial ou l'instigateur ou l'instrument d'une résistance, d'une révolte envers des occupants qui pensent être "là" avec mission de civiliser les nègres d'Afrique??

Plus on avance dans le travail et plus la conscience d'être chacun nécessaire au tout est grande. Les masques jouent avec les personnages de l'intrigue, les marionnettes habitables dansent et le paysage défile derrière Wangrin et Kountena qui commentent leur voyage.

Les peintres, plasticiens, techniciens, couturier, teinturières ont donné le ton de la scénographie (et c'est pas fini!!) avec tout l'humour que nécessite l'aventure. Les répétitions à Dogodouman sont terminées. Elles continuent sur le lieu où nous avons monté le petit théâtre mobile de plein air d'Acte Sept.

Notre partenaire et grand ami Broulaye Camara nous aura accompagné tout au long de notre résidence dans son village, sous les manguiers. Marionnettiste et créateur avec Amadou Sinayogo (le sculpteur) des masques et marionnettes de la pièce, il nous aura guidé sur les danses et interventions de ses "créatures".On partage aussi la Kola et des paroles qui font aimer les "Hommes".

Chaque matin, c'est: "sotrama pour Dogodouman", c'est un petit camion vert pour les transports en commun. Notre chauffeur c'est "Faux Billet", surnom gagné par sa perspicacité et son oeil infaillible pour reconnaître les vrais des faux. Le camion est dans un état extraordinaire...la grande question c'est : comment ça tient?? de réparations en bricolages de fortune sur un chemin de terre où les trous disputent leurs places aux bosses où aux rochers, cahin cahan, cloquediquant.....ça roule.................

 .......Une semaine plus tard.............

Un mot vite pour vous dire que le 17 c'est la couturière, le 18 la générale et le 19 la première.

C'est dans la cour du lycée "Mamadou Sarr" à Lafiabougou que nous avons monté le "Théâtre de plein air Philippe Dauchez". Adama Traoré et l'équipe d'Acte Sept l'ont baptisé ainsi en hommage à cet homme qui a voué sa vie au théâtre : en France puis dans divers pays d'Adfrique et enfin au Mali.La création arrive à son terme et "déjà-bientôt", nous allons revenir avec l'espoir que cet été nous nous retrouverons pour vous conter "L'étrange Destin de Wangrin" et toutes les petites histoires de la vie d'ici.

Par l'oboubambulle - Publié dans : wangrin
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Lundi 13 février 2006 1 13 /02 /Fév /2006 11:57

Dogodouma, création sous les manguiers sur le terrain communal.Non loin de l'espace scénique, un petit jardin potager entouré de branchages, une maison de terre rouge, la famille est installée sur les nattes.La mère prépare le repas sur un petit braséro, un bébé dort dans son hamac, des enfants assis en rang nous dévorent des yeux..........Un "grand" nous prépare le thé africain dans un petit nid de braises.

Dimanche jour de repos et de marriages à Bamako..nous avons marché longtemps, lentement sous le soleil ardent.Le chemin de poussière rouge se déroule avec ses zones d'ombre que l'on franchit avec délice. Puis on se rapproche des hautes falaises.Encore un petit village, une forêt de manguiers, fraîcheur et odeur de l'eau.Des potagers méticuleusement paillés sont entretenus le long de la rivière.Tomates, piments, haricots verts, citroniers, ananas et bananiers, avec les longs fûts élancés des papayers avec au sommet des fruits en bouquet d'artifice........On serpente entre les jardins, aprés avoir traversé un petit gué encore une petite forêt touffue et là.. surprise!!

Nous voici face à une falaise d'où dégringole une cascade, miracle de l'eau en saison sèche.La cascade chantonne et se déverse dans un grand bassin de roche.Délicieuse sensation des orteils gigotant dans la fraîcheur.

C'est de la belle eau pure et courante!!!!!!!Baignade autorisée........Les répétitions continuent, on a fait quelques filages complets "façon façon". Maintenant on fignole.On travaille avec les masques.Il fait chaud là-dessous!!...........  Vers midi, Ramata la femme de Broulaye, nous porte le repas.On la voit arriver de loin, la marmite posée sur la tête, son enfant dans le dos, le petit Bâ.On se régale de son riz sauce, viande et poisson, manioc et mill. Tout les aprés-midi, des curieux, des familles viennent s'installer et nous regardent répéter.Vers 17h les enfants sortant de l'école se rajoutent et nous avons en fin d'aprés-midi une petit foule agitée et jacassante, un public tout prêt à rigoler et à applaudir.Il faut parfois les calmer...on ne s'entend plus répéter!!!!!!!!

Le groupe électrogène tourne bien mais fait un boucan terrible....la fée électricité a surgit.On peut maintenant sonoriser les instruments et utiliser la bande son.On répète aussi la musique et une chanson.."Sanou Néguéniyo".Demain on aura pratiquement tout les costumes, ce sera l'occasion de faire d'autres photos..on a encore du pain sur la planche.

KAMBE

 

 

 

Par l'oboubambulle - Publié dans : wangrin
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Mercredi 18 janvier 2006 3 18 /01 /Jan /2006 15:08

Acte SEPT est un collectif d'artistes, ça brasse toute la journée, les gens se rencontrent, viennent juste se poser, attendre, prendre le thé, travailler sur les ordis, échanger avec le directeur Adama Traoré (ci dessous)

 

 

 

 

 

 

 

 

           

            Oumar Dégoga, dogon est l'"ange" gardien d'Acte Sept

Par l'oboubambulle - Publié dans : wangrin
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